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Marais et réserves naturelles

Plongée dans le marais rochefortais

Un territoire où l’eau se confond avec la terre, des dizaines d’oiseaux qui volent au-dessus de vos têtes, un environnement sauvage et préservé, bienvenue dans les réserves naturelles de Rochefort Océan. 

Pour les amoureux du calme comme de la nature, de la faune comme de la flore, ces environnements d’exception ont des aires de paradis. Elles constituent une étape reposante pour des milliers d’oiseaux migrateurs, et voient s’épanouir sur leur terre une flore abondante et rare.

C'est ici que la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a choisi d'élire domicile : le siège national est situé à La Corderie Royale et à l'Espace Nature, Place Colbert.

Au cœur de cette mosaïque de paysages, entre marais et roselières, prairies humides et bosquets, dunes sèches et estrans vaseux, vous serez les hôtes d’un monde végétal et animal qui évoluent là en toute sérénité. Sachez-vous faire discret pour mieux les observer.

La nature à l'état pur

Vous rêvez d’immersion en pleine nature et de connaissance de zones humides préservées ? La visite des réserves naturelles de Rochefort Océan vous permet de concilier grand air et explorations inédites. La preuve par quatre :

  • Gérée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, la Réserve Naturelle du Marais d’Yves est une véritable mosaïque d’éco systèmes qui attire de nombreuses espèces animales et végétales. En kayak, à vélo ou à cheval, observez la majesté des oiseaux migrateurs et la richesse de sa flore.

  • Située sur la partie occidentale du Marais de Brouage, la Réserve Naturelle de Moëze est une étape importante pour la migration de nombreux oiseaux. Empruntez le sentier des Polders, et découvrez un paysage atypique entre marais salants et immenses vasières où se côtoient cigognes, aigrettes, et moutons de race scottish black face… qui entretiennent le site !

  • Poursuivez votre découverte de la nature singulière de Rochefort Océan avec la Station de Lagunage de Rochefort. Cette dernière est un site unique en Europe. En plus d’être un espace de traitement des eaux usées de Rochefort de manière économique et écologique, il est lieu d’accueil pour des milliers d’oiseaux d’eau (canards, échassiers, grèbes, passereaux…). Pour découvrir ce site remarquable de 70 ha, des visites guidées et des sorties thématiques vont sont proposées.

  • La Cabane de Moins à Breuil-Magné est une réserve de chasse et de faune sauvage. Sorties crépusculaires et randonnées organisées régulièrement.

 

Rendez-vous avec les oiseaux migrateurs

Depuis des millénaires, les oiseaux empruntent les mêmes voies de migration.

Rejoignons Nathalie, Philippe, Christophe et partageons avec eux ce bonheur simple de l’observation des oiseaux grands voyageurs.

Notre région et ses grandes réserves naturelles se situent sur l’un des principaux axes de migration pour les oiseaux, la voie "Est Atlantique", qui draine les oiseaux en transit entre la Scandinavie, la Russie et l’Afrique de l’ouest. Le maintien des populations d’oiseaux migrateurs dépend notamment de la protection des sites de halte, de leur quiétude et de leur richesse en ressources alimentaires.

 

Nos guides « pisteurs » :              

Philippe Delaporte conservateur de la Réserve Naturelle de Moëze, et donc gardien de ce patrimoine naturel fabuleux le long de la voie de migration Est Atlantique, nous raconte « l’attente des premiers vols d’oies cendrées en octobre sur la route de l’Espagne, la surprise procurée par l’observation précoce d’une huppe fasciée fin janvier sur la dune de Plaisance, le plaisir avoué pour le premier mâle de gorgebleue arrivé à l’heure le long du chenal de Brouage dans les tous premiers jours de mars, les milliers de bécasseaux, pluviers, courlis et barges, ces extraordinaires migrateurs au long cours qui dictent la vie de la réserve naturelle au long de l’année ». 

Dans la réserve naturelle de Moëze balayée par les vents salés de l’Atlantique, on peut observer jusqu’à 300 espèces d’oiseaux : hivernants, nicheurs et migrateurs. Quelques 60 000 limicoles et 20 000 canards dans cet espace sur la grande voie de migration Est Atlantique seront présents cet hiver.

En visite à la réserve, Nathalie Bourret, responsable animation à la Réserve Naturelle de Moëze Oléron décrit la vie saisonnière du théâtre qu’est la réserve.

Christophe Boucher, responsable de la Station de Lagunage à Rochefort, nous rappelle que cet espace protégé composé de lagunes et des bassins aménagés par la LPO occupe une position géographique stratégique sur l’une des principales voies de migration des oiseaux. Elle draine de nombreuses espèces lors des passages migratoires de printemps et d’automne et des espèces nordiques pour leur hivernage. Plus de 200 espèces d’oiseaux sont recensés sur le site et plus de 3 000 oiseaux hivernants dont le canard souchet, la sarcelle d’hiver, l’oie cendrée…

 

Au rendez-vous des migrateurs

Alors que l’été indien s’installe sur le littoral de Charente Maritime, les tadornes, qui séjournaient en Hollande en août, descendent jusqu’ici tandis que les cigognes se rassemblent pour partir. Dès la fin d‘octobre, les premières gelées s’installent dans l’hémisphère nord, les canards vont migrer et s’installer dans les sites protégés.

Bécasseaux, chevaliers, barges, courlis, pluviers, des milliers de limicoles migrateurs et hivernants sont à observer sur les réserves. Bernaches cravants dans les vastes herbiers marins, spatules blanches dans les anciennes salines assurent le spectacle pendant l’hiver.

Parmi les limicoles, la barge à queue noire s’installe au printemps dans les prairies humides pour nicher. Dès la mi-juin, elles se regroupent pour le départ vers l’Afrique. 

Le chevalier gambette : en été, les premiers migrateurs posent leur gambette sur la réserve et gambadent à la recherche de leur nourriture, donnant jusqu’à 40 coups de bec dans l’eau à la minute. A l’automne, ils quittent les espaces protégés du littoral et les bassins peu profonds où ils s’alimentent d’insectes aquatiques qu’ils capturent à la surface de l’eau et rejoignent leur lieu d’hivernage dans les zones humides d’Afrique.

La sarcelle d’hiver : Dès l’approche de l’automne, elle fuit les contrées nordiques qui seront bientôt gelées pour migrer vers le sud de l’Europe. Chaque hiver, c’est par centaines qu’elles viennent hiverner à la Station de Lagunage. 

D’octobre à février, la bécassine des marais, petit échassier au long bec effilé, fréquente les bassins peu profonds de la Station de Lagunage. Elle sonde la vase à la recherche de larves de chironomes. En février, elle quitte Rochefort pour rejoindre sa zone de reproduction en Norvège ou Russie.

Selon leur régime alimentaire et leur technique de vol, les oiseaux migrateurs transsahariens suivent des voies migratoires différentes.

Le bécasseau maubèche, petit échassier, se nourrit de vers et de mollusques qu’il trouve dans la vase. Il niche près du cercle polaire et à l’automne, il rejoint l’Afrique en longeant les côtes pour y trouver sa nourriture.

La cigogne blanche passe l’été ici et l’hiver en Afrique subsaharienne. Elle profite des courants ascensionnels pour se déplacer en vol plané. Elle passe par le détroit de Gibraltar pour rejoindre l’Afrique et évite les mers et les océans : elle ne traverse les bras de mer que si l’autre rive est en vue.

L’échasse blanche aux longues pattes niche au printemps à la Station de Lagunage et dans les marais où, avec son bec fin, elle recherche des insectes aquatiques, des crustacés et des vers. Dès l’arrivée de l’automne, elle quitte sa zone de reproduction pour rejoindre l’Afrique de l’ouest.

Comptabiliser les oiseaux et observer la fréquentation des sites

Pour connaître l’évolution des différentes espèces d’oiseaux qui fréquentent tel ou tel site au cours de l’année, les équipes réalisent de septembre à avril, à marée haute à la réserve de Moëze (tous les 10 jours en hiver et 1 fois par mois d’avril à septembre) ou chaque mois à la Station de Lagunage un comptage de l’ensemble des oiseaux d’eau présents. Munis de jumelles et de longues vues, les ornithologues comptent le nombre d’oiseaux de chaque espèce observée. L’ensemble de ces comptages permet de réaliser une courbe d’évolution du nombre d’oiseaux par espèce.

Le baguage permet de déceler des déplacements extraordinaires.

Poser une bague, ou une combinaison de bagues, à un oiseau est un moyen de suivre les individus et populations. Le principe du baguage est de re-capturer (contrôle) un oiseau plusieurs fois après son baguage afin par exemple de connaître son itinéraire dans le temps. Les données recueillies lors des "contrôles" sont traitées statistiquement et permettent de connaître divers paramètres des populations : fidélité au site, sexratio, durée des haltes migratoires, phénologie.

Bloc Notes

 

Réserve Naturelle Nationale de Moëze - 05 46 82 42 85

Station de lagunage à Rochefort - 05 46 82 12 44

Journées européennes de  la migration : le 6 octobre

Activités de baguage, format portes-ouvertes : les 5 et 6 au centre nature de la réserve, commune de Saint Froult ou à Moëze.